Sur les traces des artisans de l’âme en bois

Sur les traces des artisans de l’âme en bois

Pierre Boesiger conservateur-restaurateur bois au Musée d’Art et d’Histoire de Genève et Claude Veuillet, conservateur-restaurateur indépendant font équipe pour étudier l’âme de la Grande châsse. Pour fabriquer ce coffre, l’artisan a utilisé des planches provenant de deux mélèzes distincts. En témoigne une différence nette dans l’espacement des cernes des deux arbres. En plus de cela, il s’est servi d’un long morceau de chêne pour la faîtière du toit ainsi que du noyer pour reboucher des trous typiques de nœuds noirs.

Pierre Boesiger (à gauche) dépoussiérant la surface et Claude Veuillet (à droite) observant en lumière rasante afin de révéler les traces d’outils sur le bois.

D’anciens systèmes d’assemblage comme des tourillons et des chevilles ont été identifiés. Cela pourrait indiquer qu’une partie des planches de la Grandes châsses provenait initialement d’un autre dispositif. Celui-ci n’a pu être identifié pour l’instant mais il s’agissait probablement de simples panneaux de bois, puisqu’aucune autre marques (par ex. trous de clous, vernis, etc.) n’ont été observées.

Sélection de quelques indices observés sur l’âme (Prises de vue réalisées par Glassey et Martinez)

Des analyses au carbone 14 et une étude dendrochronologique ont été effectuées par le Laboratoire Romand de Dendrochronologie (LRD). Malgré des fourchettes de datation relativement restreintes, les spécialistes n’ont pas pu synchroniser les courbes dendrochronologiques des deux arbres entre elles, ni avec les référentiels datés de la base de données pour le mélèze de l’ensemble de l’arc alpin. Ceci est certainement dû aux attaques d’une chenille, la tordeuse du mélèze (Zeiraphera diniana), ayant pour conséquence des cernes extrêmement petits, voire manquants.

La synthèse de l’étude dendrochronologique et l’analyse au carbone 14 situe l’abattage de ces arbres entre les années 1179 et 1254. Issus de remploi ou employé ad hoc, il est donc tout à fait plausible de considérer que la Grande châsse a pu être constitué dans la première moitié du XIIIe siècle.

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