Réparer le bras d’une sainte – Mode d’emploi

Réparer le bras d’une sainte – Mode d’emploi

Le relief de la Sainte Vierge a subi des dommages mécaniques à plusieurs reprises. C’est le cas notamment de son bras gauche qui avait été entièrement arraché par le passé avant d’être réparé une première fois. Vers les années 2000, lors de la fermeture de sa vitrine, ce bras a à nouveau été arraché, puis consolidé par une restauration d’urgence. Cette mesure devait être remplacé par une solution durable. C’est d’ailleurs ce point qui a été le déclencheur du projet d’étude et de restauration de la Grande châsse de saint Maurice.

Vue de la déchirure du bras et des petites pièces en argent utilisé lors d’une précédente restauration

Lors d’une intervention de cette nature, on cherchera toujours à opter pour une solution technique réversible, peu invasive pour l’objet et ses matériaux constitutifs. Ici, la brasure ou la soudure sont problématique puisque l’apport de chaleur endommagerait la dorure ou la polychromie et pourrait modifier la structure de l’argent et donc sa tenue mécanique (recuit). Quant au collage, avec ou sans pièce de renfort, il est difficile de garantir une intervention réversible, solide et stable sur le long terme. La solution retenue par l’atelier, consiste en l’ajout d’une pièce de renfort en argent, conçue de telle manière à ce qu’elle ne nécessite aucune intervention sur les matériaux d’origine de la Grande châsse.

Pour commencer, le bras a été refixé temporairement avec une résine époxyde et de la fibre de verre sur sa face visible. Cela permet de fixer la position souhaitée du bras pour réaliser une empreinte du revers à l’aide d’une silicone :

Vue de la prise d’empreinte du bras avec un silicone de moulage.

Ensuite, une contre-forme en plâtre a été coulée pour servir de moule à la fabrication d’un positif en film polymère. C’est cette dernière pièce qui va ensuite permettre de réaliser une coulée pour obtenir la pièce de renfort en argent.

Contre-forme en plâtre et pièce en polymère pour la coulée

La pièce de renfort est alors coulée en deux parties qu’il faut ensuite assembler. Il y a parfois des « défauts » de coulée, comme cela a été le cas ici avec une lacune qu’il a fallu combler. Des taraudages et des vis en argent sont réalisés pour permettre de visser le bras sur le support en se servant d’une ancienne restauration. Le support est finalement gravé pour mentionner la date et les artisans de la restauration. Tout ce travail minutieux a été effectué par Helmut Steiner, bijoutier-orfèvre à Saint-Maurice.

Fixation du bras sur son support en argent

Le support, sur lequel le bras est vissé, peut alors être remonté sur l’âme en bois en se servant des clous fixant les ornements voisins. Le relief de la Sainte Vierge peut être replacé sur son trône et ainsi sceller une des dernières étapes de la restauration.

Vue du pignon avec le remontage du bras sur son support, puis du relief de la Sainte Vierge

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